#MeToo ?

 

Je devais avoir 10 ans et dans mon école, à l’heure de la récré du matin, il y avait pour moi 1 ou 2 passages obligatoires :

  • donner mon petit déj à une autre élève
  • finir dans les buissons la jupe relevée par un groupe de garçons

Un jour, lassée du premier rituel, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai choisi les mots à la place du silence.

Je ne veux plus te donner mon petit pain, moi aussi j’ai faim.

Je me suis faite insulter mais j’ai gardé mon petit dej, ce jour-là et les jours suivants.

Je me souviens avoir eu à ce moment là une mini-moi perchée sur mon épaule, hallucinée, demandant s’il suffisait vraiment juste de s’exprimer pour que ça s’arrête !? C’était vraiment si simple !?

 

Un jour, lassée du second rituel, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai choisi les mots à la place du silence.

À chaque fois que j’ai une jupe les garçons me jettent dans les buissons et me la soulèvent pour regarder ma culotte.

J’ai dit ça à une adulte, dans la cour de récré.

Tu sais quand les garçons t’embêtent c’est parce qu’il t’aiment bien. Ce n’est pas grave.

Je me souviens avoir eu à ce moment là une mini-moi perchée sur mon épaule, hallucinée, se disant que, ah, non, c’était peut-être pas si simple finalement.

 


Il y a eu celui qui a mis la main à mon entre-jambes en me disant que je devenais une fille maintenant.

Il y a eu celui qui m’a bloquée sur un lit en s’allongeant sur moi.

Il y a eu celui qui m’a fait comprendre qu’il me baiserait bien en me mimant l’acte sexuel.

Il y a eu celui qui a posé sa main sur ma cuisse parce que je suis un patron cool tu sais.

Il y a eu celui qui m’a ramenée chez lui parce que j’avais trop bu et qui m’a caressée alors que j’étais à moitié inconsciente.

Il y a eu celui qui a mis la main à mon entre-jambes en passant à côté de moi.

Il y a eu celui qui est monté dans ma voiture à un feu rouge pour me dire qu’on pourrait passer un moment ensemble.

Il y a eu ceux qui se sont frottés dans le métro, ceux qui m’ont suivie dans la rue, ceux qui allaient faire de moi une grande photographe si je montais dans leur chambre d’hôtel, ceux qui m’ont insultée parce que hey, je devrais être contente qu’on me regarde.

 

 

#MeToo

J’essaie de comprendre et d’analyser ma propre vie, le comportement de ceux que j’ai croisé et le mien.

Pourquoi certaines agressions verbales ou physiques sont entrées dans la case du c’est comme ça. Pourquoi on se tait. Pourquoi il est si difficile de croire à toutes nos histoires mais si facile de les minimiser.

Pourquoi j’ai intégré si tôt qu’il y avait des lieux et des heures pour lâcher mes cheveux ? Pour porter du rouge à lèvres ? Pourquoi j’ai appris à ne plus regarder les gens dans la rue ? Pourquoi j’ai si souvent engueulée cette pote parce qu’elle sourit trop aux hommes quand on sort ? Pourquoi j’ai longtemps fait de mes clés un ersatz de coup de poing américain, au cas où ? Pourquoi j’ai appris si tôt à faire semblant ? De ne pas entendre, de ne pas comprendre, de ne pas voir, d’aimer ?

Pourquoi j’ai intégré si tôt qu’il y avait des lieux et des heures pour porter une jupe sans se faire emmerder ?

Parce qu’un jour une adulte m’a dit que ce n’était pas grave qu’un groupe de garçons me jette dans les buissons pour soulever ma jupe et voir ma culotte.

 

 

Perception

Les agressions sont souvent niées ou banalisées. On en perd le sens du respect, de l’égalité, de la confiance et de la solidarité. 

Mais j’ai l’impression que le flot de #metoo a crée une conscience et ça pétard, c’est quand même le point de départ de tout changement !

Conscience que le harcèlement n’est pas une légende urbaine, qu’il n’a pas de couleur, pas d’âge, pas de classe sociale, que le harcèlement peut être physique, verbal, lourd ou subtil. Conscience de l’abus de pouvoir, peu importe la forme. Conscience de l’ampleur du problème. Parce que si tous les hommes ne sont pas des harceleurs, toutes les femmes ont déjà été harcelées.

 

 

Éducation

Je me rends compte un peu plus chaque jour à quel point nos mots et nos actes peuvent conditionner des futurs. Ce qu’on dit et ce qu’on fait mais aussi ce qu’on regarde et ce qu’on écoute, à quelle période de notre vie, dans quel contexte, avec qui.

J’imagine cette adulte expliquer aux garçons que ce qu’ils font ce n’est pas bien et les punir. J’imagine cette adulte me montrer à moi que j’ai bien fait de parler et que j’ai le pouvoir de choisir, le pouvoir de dire non.

C’est pas grand chose comme ça cette anecdote d’enfant, je pourrais même la raconter en me poilant et j’ai même déjà dû le faire, mais si on y réfléchit bien, cet échange a fortement dû conditionner mes croyances passées.

Si j’avais su mettre des mots sur mes sentiments à cet âge, j’aurais sans doute dit que mes droits et mes notions du bien et du mal ont sacrément été perturbées ce jour-là !

 

Citation sur l'éducation / Nelson Mandela / Streetart : Dan 23

 

 

Et maintenant ?

Ça n’enlève rien au passé de toutes les victimes mais ça peut peut-être changer le futur ? (allez, dites oui tous en choeur)

On pourrait peut-être tous se questionner un peu plus souvent sur les mots qu’on échange, sur ce qu’on fait, ce qu’on montre, ce qu’on accepte.

On pourrait regarder autour de nous aussi ? Nos frères, nos pères, nos potes ?

Parce que s’il est possible d’influencer et de forger des personnalités, des comportements et des réflexes de manière positive au travers de nos actes et de pensées, il est aussi possible du contraire, alors faudrait faire gaffe.

Peut-être qu’on pourrait réfléchir encore et toujours à notre société, à nos conditionnements, au sexisme ordinaire. Même à ce qui nous fait rire. À ce qu’on transmet, directement et indirectement.

Plus que jamais, je suis convaincue que tout est lié, qu’on peut tous choisir de faire avancer les choses et d’avoir une part de responsabilité en étant attentifs à notre propre comportement et à celui de ceux qui nous entourent…

Alors hey, prenez-soin de vous et des autres 😉

 

 

 

Ps : Il m’a fallu des plombes pour poser les mots. Je n’avais pas ajouté mon #metoo sur facebook ou sur twitter. J’ai un peu de mal à l’expliquer mais entre la gène et la honte je n’osais pas balancer ces quelques lettres. Et dans la gêne et la honte, il y a celles de confronter mes histoires à celles beaucoup plus violentes et beaucoup plus dramatiques que les miennes. Comme si je n’avais pas le droit. Ce qui est fou et con parce que j’ai été et je suis encore trop contente de voir que la parole se libère, même sur ce qui peut sembler minime en comparaison de toutes les horreurs qu’on a tous pu lire. Et que dans mon raisonnement, il est aussi dangereux de banaliser les actes mineurs puisque ce sont eux-mêmes la base de l’éducation. Bref, c’était bien paradoxal tout ça… J’ai posé ça là du coup, avec mes souvenirs et ma réflexion, parce que ça me fait avancer de mettre tout ça noir sur blanc, de me questionner, de me souvenir, de tenter d’imaginer un monde meilleur et de partager <3

 

 

 

46 réponses

  1. momeuh dit :

    Un bel article qui permets de prendre conscience et surtout qui donne à réfléchir ..
    En temps que maman cela me touche beaucoup ..
    Des situations délicates dans la vie d’un enfant qui donnent des grands maux dans une vie d’adulte….
    A lire à relire merci Nadia pour ton courage
    Gros bisous

  2. Yasmine dit :

    Un témoignage intéressant. Qui nous rappelle qu’il ne faut rien banaliser. Verbal ou physique la violence reste de la violence.

  3. Bravo d’avoir eu le courage de poser tes mots, pour toi et pour celles qui, comme moi, n’osent pas le faire 🙂

  4. Je suis contente que tu aies fini par poser ce mots, c’est un message très puissant que tu nous livres !!! Moi aussi j’ai eu droit après une tentative de déculottage (carrément !) au fameux « Les garçons, ils s’amusent comme ça tu sais !  » Et c’est juste ignoble. Je suis totalement d’accord avec toi quand tu parles d’influence et d’éducation des garçons, il n’y a que comme ça que l’on arrivera à faire bouger les choses.
    Un bon weekend-end à toi, xoxo !

    • Nadia dit :

      Eh bien moi aussi je suis contente finalement !
      Les garçons s’amusent comme ça… qu’est-ce qu’on a pu l’entendre cette phrase aussi dis donc !
      Mais ils faut éduquer tout le monde et en premier ceux qui éduquent les plus jeunes, c’est pas gagné mais on avance doucement !
      Merci beaucoup en tous cas pour tes mots Hélène !

  5. Effarant !!!! C’est sûr que si on apprend aux filles que c’est normal de se faire soulever la jupe, pas étonnant que pour les mecs ce soit normal de tripoter comme bon leur semble et que les victimes culpabilisent et qu’elles aient le sentiment que c’est de leur faute !
    Je me suis fait tripoter une seule fois (et j’espère la dernière), et encore, si celui qui l’a fait s’est vite rendu compte qu’il avait déconné, s’est excusé par la suite et n’a plus jamais recommencé, la hiérarchie au-dessus de moi a été super longue à la détente et n’a quasiment rien fait (à part une réunion à la con juste pour la forme, parce que je demandais régulièrement à ce que quelque chose soit fait, la base quoi, 1 mois après les faits, super utile quoi).
    Sinon, tentative de tripotage dans le bus, et réflexion dans la rue sur la taille de mes nibards (« t’as de gros seins ark ark ark », ce à quoi j’avais répondu du tac au tac « et toi t’as un petit cerveau »).

  6. Je suis si contente que tu ais publié ce très bel article qui m’a aussi fait frissonner. Comme tu t’en doutes il raisonne beaucoup avec ce que j’ai partagé. Il devrait y avoir encore en encore ce type d’article sur 1000 blogs pour ne plus jamais concevoir la banalisation.

  7. Cindy dit :

    Hello,
    Bravo pour ce courage. Il est vrai que ce n’est pas facile d’en parler. Et je ne comprendrais jamais pourquoi nous les femmes, nous nous sentons honteuses de ces comportements alors que nous en sommes les victimes. Et le comportement de ceux qui dédouanent ces actes est juste affreux !

  8. Floriane dit :

    Un bel article plein de sincérité et de vérité et ce qui banalise ces actes ce sont les gens autour
    Qui savent et laissent faire. Espérons que cette parole qui se libère fera prendre conscience de plein de choses/

  9. Lowentia dit :

    Dans ton article on lit énormément de courage, il n’y a pas honte à voir ou même de gêne. Il n’y a pas d’histoire plus graves que les autres. Il faut que tout le monde prenne conscience qu’il n’y a pas de grandes ou petites victimes. Il ne faut pas banaliser !
    Ton témoignage est *.*

  10. Clementine dit :

    Tes mots sont d’une justesse. Ton article est extrêmement touchant parce qu’il fait écho à ce que parfois j’aimerais dire sans jamais vraiment trouver les mots

  11. Un super article. On a toutes un #metoo et bizarrement ca devient ENFIN notre force pour nous unir. Il est temps de parler. Je te jure si on pouvait balancer du haut de nos 10 ans un « hmmm non je crois pas que ce soit normal madame. Moi je veux un garçon qui me fasse des calins plutôt qu’un qui me pousse dans les buissons », en tout cas c’est ce que je dirais a ma fille. Et si c’est mon garçon je lui dirais « non c’est pas une facon de montrer tes sentiments mon fils! Tu lui dis bonjour et tu es gentil avec elle, ca marchera mieux, et surtout, tu la protege de ceux qui la pousse dans les buissons! »
    Bon je me calme…

    • Nadia dit :

      Je sais pas ce qui m’a le plus mouillé les yeux en imaginant cette scène, « tu lui dis bonjour et tu es gentil avec elle » ou « et surtout, tu la protège de ceux qui la pousse dans les buissons » = combo parfait ! Bienveillance partout <3
      Merci Sarah !

  12. Vic dit :

    Très beau témoignage! Tu sais bien trouver les mots et ça fait du bien!

    Vic

  13. ABY dit :

    Purée, j’ai la larmouille.
    Tu exprimes très bien le quotidien de millions de femmes sur la planète. On ne hiérarchise pas les types de harcèlement, rien que le fait que ça existe est source à lutter. Un viol ou une main au cul n’ont pas leur place dans la société, dans aucune société.
    Je parlais avec ma muttie il y a quelques jours, elle trouvait que c’était un peu beaucoup tout ça et que peut-être il ne fallait pas non plus se formaliser pour une petite drague dans la rue. Je n’ai pas été surprise, elle a 73 ans et sa vision des choses est très différente de la mienne. Je lui ai dit qu’une petite drague dans la rue, une fois dans une année c’était sans doute supportable mais des actes répétés en permanence, tous les jours, ça n’est pas de la drague, c’est du harcèlement…la différence étant qu’à chaque fois c’est une personne différente qui agit. Sur un lieu de travail c’est toujours la même personne, c’est plus visible et plus facilement attaquable. Et puis je lui ai dit que ce type de drague n’en est pas en fait, ce ne sont pas des mots ou des gestes qui invitent à aller boire un verre et faire connaissance, c’est un signe de pouvoir sur l’autre, de maitrise et de volonté de faire peur. Elle a changé d’avis, elle m’a dit mais oui, je ne voyais pas ça comme ça du tout. Mon père qui est assez « vieille France » vient de prendre conscience des choses aussi, c’est la première fois que je l’entends en parler et imaginer l’ampleur des choses au quotidien autour de lui…autour du quotidien de sa propre femme et de sa propre fille. Oui OUI les choses changent et il ne faut pas relâcher la pression, le dialogue et le militantisme. Je suis féministe, je suis pour un profond changement des mentalités, de l’éducation à tous les niveaux à commencer par le milieu scolaire.

    Et je te fais un gros bisou !

    • Nadia dit :

      Alors c’est « rigolo » de te lire aujourd’hui parce que… regarde un des commentaires après le tien, signé momeuh. C’est ma maman et c’est après un premier commentaire posté le 15. La connaissant elle a dû penser à tout ça pendant les 5 jours d’intervalle (Momeuh si tu me lis tu me rectifies si je me trompe :D) et c’est aujourd’hui qu’elle prend conscience de ce que c’est. On a baigné dans une sacré mélasse pendant tout ce temps mais si les adultes commencent à comprendre on avance grandement ! Je lis souvent qu’il faut éduquer les enfants mais je crois qu’il faut surtout commencer par éduquer les adultes, on s’y attèle et ça fait du bien !

      • Momeuh dit :

        Coucou ma fille je pense que tu me connais assez bien eh oui j’ai cogité…Des choses que je ne savais et qui font mal ..L’éducation des adultes ne serait pas mal de temps en temps …gros bisous Momeuh

  14. lesptitesmainsdabord dit :

    très bel article, et c’est édifiant à quel point les adultes ont une part de responsabilité en ne soutenant pas les enfants quand ils sont confrontés à ce genre de situation, et comment une partie des enfants intègre plus tard une normalité de ces comportements qui ne devrait pas avoir lieu d’être.

  15. Rose Capsule dit :

    C’est un très bel article que tu nous as écrit là Nadia ! C’est fou tout ce qu’on inculque inconsciemment, à cause de ce qu’on a vécu ou juste à cause d’une parole.
    Et je comprends tout à fait ton petit paragraphe à la fin, je pense que ce côté « paradoxal » on l’a toutes, moi la première. Comme tu le dis, je suis également super contente que la parole se libère et qu’on en parle enfin, mais il m’a fallu un temps fou pour poster un simple « #MeToo », d’une part parce que j’avais honte, mais aussi parce qu’à lire toutes ces histoires, je ne me sentais pas « crédible » en tant que victime. Pourtant, il n’y a pas de petits actes.
    Mais quand je vois que même ceux qui incarnent la (pseudo) justice ne prennent même pas en compte des actes plus graves, en fait, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’on ne se sente pas légitime (exemple : il m’est arrivé d’accompagner une amie pour aller porter plainte d’une agression, réaction : « Ah mais on peut rien faire, on a aucune preuve de ce que vous dites et vous ne connaissez même pas le nom de votre agresseur, et puis, c’est la vie ça mademoiselle ! »)
    Merci pour cet article en tout cas, il faut continuer à en parler un peu partout ! 🙂
    Bisous,
    Jennifer

    • Nadia dit :

      Merci Jennifer !
      C’est fou cette réaction qu’on a ! Alors qu’on devrait bien être les dernières à être gênées…
      « C’est la vie », hé ? Sérieux ? Au secours quoi…

  16. Anaïs dit :

    C’est très grave de voir que beaucoup de jeunes filles et de femmes ont vécu à un moment de leur vie ce type de comportement. Moi-même à l’école on m’a soulevé ma jupe, c’est la dernière fois que j’en ai porté pendant toute ma scolarité. Ne parlons pas des coups de klaxons dans la rue, les interpellations, la main à l’entrejambe en soirée … et encore je me trouve chanceuse contrairement à certaines. Merci pour ce beau témoignage ! Heureusement que la parole se libère .

  17. momeuh dit :

    Je me rends compte au jour d’aujourd’hui de la gravité de ce harcèlement qui était déjà présent dans ma jeunesse ..( 63 ans….°
    Mais on tournait tout cela à la dérision et c’est là ou est tout le problème ..

  18. Wahou…
    Je suis un peu comme toi, pas osé en parler car je trouve que certaines de mes références sont « light » par rapport à des évènements monstrueux arrivés à d’autres :/
    Et pourtant j’ai été agressée dans la rue par un inconnu (main au panier comme on dit,même pas juste le postérieur, par derrière, bien saisie, je ne l’ai pas vu arriver) et je suis restée tetanisée sur place, incapable de réaliser que c’était possible.
    On m’a dit par la suite « moi, avec mon caractère, ça ne serait jamais arrivé ».
    Ben nan. On est forcément faible et minable pour se faire maltraiter.
    Bref, chaque évènement est à signaler, on a tendance à les minimiser et encore pire, à en culpabiliser.
    Tant pis si ce mouvement #Metoo en saoule pas mal, ça permet de remuer tout ce caca et enfin de faire remonter à la surface (encore une fois ?)les souffrances endurées par les femmes…

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