Changer son monde

Il y a quelques jours, comme vous peut-être, j’ai vu passer sous mes yeux un article titré « Trier, manger bio, prendre son vélo… ce n’est pas comme ça qu’on sauvera la planète ».

Aujourd’hui, je lis Paul Jorion : « Les survivalistes égoïstes, qui pensent que tout ira mieux s’ils se mettent au vélo et entretiennent leur potager, sont dans le déni ».

Il m’arrive de penser qu’on s’est planté et qu’on va payer, tout simplement. Mais je suis une putain d’utopiste au fond de moi. Je reste consciente des réalités mais je ne me résigne pas.

 

Changer son monde L'utopie n'est pas une destination mais une direction

 

Un but, deux chemins

L’autre soir, on m’a conté l’histoire de la bienveillance et de la culpabilisation. Imaginons un objectif et deux manières de l’atteindre diamétralement opposées.

La bienveillance est tolérante et humaine, elle accueille et laisse de la place. La culpabilisation est infantilisante et nuisible.

On est peut-être déjà bien trop enfoncé dans la mouscaille pour choisir la bienveillance mais je ne crois que très peu en la culpabilisation.

 

Mon chemin

Il n’est pas net, y’a de la caillasse partout et je sais qu’il ne va pas sauver le monde.

Mais je ne peux pas croire qu’une action choisie et accomplie pour le bien puisse être vaine.

Ce n’est pas hier qu’on a commencé à nous parler d’effondrement écologique. Pourtant, pendant tout ce temps, je n’ai rien écouté. Ou j’ai surtout pris grand soin de ne rien entendre.

À l’image de ma prise de conscience cosmétique, c’est aussi le régime végétarien qui m’a fait repousser les oeillères côté écologie.

Changer son monde Déforestation écologie planète

Ce que je veux dire, c’est que la prise de conscience A peut provenir d’une prise de conscience B. Que chacun fait son chemin mais qu’il arrive que pour une même destination, les allées prises soient différentes, et que certaines soient plus longues que d’autres. C’est le chemin de la bienveillance. À l’inverse du chemin de la culpabilisation, qui n’atteint pas nécessairement son but, il est conscient et réfléchi.

Je ne crois pas en la culpabilisation parce qu’elle est brute et parce que c’est à elle qu’on fait appel quand c’est déjà trop tard. Et j’espère sincèrement qu’il n’est pas trop tard.

On n’a peut-être plus le temps de la réflexion et des actions solitaires mais les actions coups de poings me semblent trop éloignées de la vraie conscience, de celle qui perdure.

 

L’éducation

Je crois que l’homme a besoin de faire ses expériences, de comprendre par soi-même pour agir. Pour lui et pour tous les autres. Et je doute de la réussite de la culpabilisation dans l’éducation.

Je sais que mes actions ne vont pas sauver le monde mais elles ne sont pas vaines. Elles sont sans doute minuscules mais elles sont visibles par ceux qui m’entourent et elles vont peut-être créer des questionnements, susciter l’intérêt, donner envie de s’y mettre aussi. Elles vont peut-être faire réfléchir ?

Alors non, je ne suis pas d’accord avec Paul Jorion : c’est faux, je ne pense pas que tout ira mieux en faisant attention à moi.

Je pense égoïstement que moi je m’en porte déjà mieux, mais je pense aussi que tout est relié et que nous sommes tous reliés. Qu’un petit acte peut guider vers un plus grand, qu’une action isolée peut résonner plus loin, qu’une prise de conscience en entraîne immanquablement d’autres.

Mais je suis une putain d’utopiste.

Changer son monde Celui qui sème des utopies récolte des réalités

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47 réponses

  1. Vanessa dit :

    Je n’ai pas eu connaissance de l’article dont tu parles mais je suis bien d’accord avec toi : faire certains choix personnels ne peut faire de mal ni à autrui ni à la planète. Et la force de l’éducation et de l’échange, putaiiiiin si on y croit plus autant aller se pendre ( oui il fallait un petit mot vulgaire par là, ça manquait je trouve ) 😂

    • Nadia dit :

      Il en fallait un dernier !
      L’histoire de la chandelle allumée à un point qui va peut-être en allumer une autre à un autre point… ce serait bien dommage de ne plus y croire oui :/

  2. Vanessa dit :

    Ah Ben oui sinon je suis au chômage Moi 😉

  3. Juliette dit :

    Ahhhhh ben alors je suis tellement d’accord avec toi! Et d’ailleurs je viens de mettre en pratique le côté expérience…alors ça ne sauvera pas la planète! comment savoir que passer 1h30 dans les transports pour aller bosser au lieu de passer plus de temps avec mes mômes avant et après le taf, ça me saoule? Eh ben en essayant! Et donc je plussoie comme dirait notre amie Vanessa, la bienveilance oui, la culpabilité aux WC (je fais des rimes)! Merci Nadia pour cet article!

  4. Vanessa dit :

    ❤️️❤️️❤️️❤️️

  5. Mariana tatar dit :

    La bienveillance est très difficile à maintenir dans le monde d’aujourd’hui. De plus en plus de personnes en profitent et cela est bien dommage… J’ai beaucoup aimer ton article, je suis pressée de voir les suivants 🙂

  6. Lemagdalexia dit :

    J’aime beaucoup ton avis critique sur ce problème pour lequel, je trouve également qu’il faut réagir mais à notre échelle. Car c’est en faisant 2 pas qu’on avance 🙂
    Alexia
    http://Www.Lemagdalexia.wordpress.com

  7. Ariana dit :

    Merci pour ton article inspirant . Si chacun y met du sien à son échelle alors qui sait on changera peut être le monde !!
    Espoir et y croire !
    Bis
    Ariana 😘

  8. Anne Sophie dit :

    Tu as bien raison !!
    Il ne faut pas garder des œillères et se dire si je vois rien,tout va bien…

  9. Je crois aux petits pas. Si je fais des changements et qu’ils sont bons pour la planète, tout en n’étant pas contraignant pour moi, ça a juste du bon. Et tant mieux si ça inspire les autres!

  10. Thècle dit :

    Une goutte n’est jamais perdue dans un océan, elle suit le courant avec toutes les autres… alors si nous pouvons créer le courant du changement avec une vraie remise en question, osons le croire et surtout passons à l’action! Rien n’est perdu, il suffit juste d’y croire et de garder espoir!

  11. Comme on est dit :

    Entièrement d’accord avec toi ! Chaque petit geste compte et ces articles que tu sites sont vraiment bêtes c’est pas en attaquant que les choses changeront !

  12. Cid dit :

    On en a déjà parlé, je ne suis pas forcément aussi optimiste que toi mais j’ai cette citation qui me revient toujours en tête : « Nobody made a greater mistake than he who did nothing because he could do only a little. » – Edmund Burke
    C’est un petit coup de pouce mental et un boost de motivation quand je me dis que le fait d’être attentive à l’/mon environnement, d’être vegan, etc. ne servent à rien…

    • Nadia dit :

      On parlait d’égoïsme l’autre jour : ça nous sert déjà à nous d’être attentif à tout ce que tu cites ! On se sentirait sans doute mal de ne plus rien faire en ayant connaissance de tout ça…

  13. Angélique dit :

    Si tu es utopiste, je le suis aussi alors car je suis carrément d’accord avec toi !
    Chaque petits gestes mis bout à bout peuvent changer le monde !
    Comme le disait Gandhi, il faut être le changement que l’on veut voir dans le monde <3

    Cela me rappelle d'ailleurs l'histoire du Colibri (de Pierre Rabhi) :

    "Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! "
    Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part."

  14. J’ai beaucoup aimé lire ton article !
    Comme toi je pense qu’en faisant tous un petit effort on peut faire beaucoup ! L’effet papillon quoi !

  15. Ena dit :

    La culpabilisation ne mène à rien de très sain en éducation, ça c’est absolument vrai. J’ai choisi la bienveillance en matière d’éducation d’ailleurs, parce que je sens que c’est le bon chemin. Toutes les actions sont importantes, et si les petites actions individuelles se banalisent, alors elles ont le pouvoir de sauver la situation. Après, en bonne végane chiante que je suis 🙂 j’use parfois de culpabilisation dans mes discours, parce que j’avoue que ça m’énerve un peu que les conséquences écologiques désastreuses de l’élevage intensif soient passées sous silence et donc ignorées, et que même connues, elles sont minimisées. Disons que comme on est vraiment dans le caca, la mère que je suis craint parfois l’avenir et donc la culpabilisation peut être un moyen : « non, mais tu penses à tes enfants? »…parfois, ça marche.

    • Nadia dit :

      Il y a plein de trucs qui comme toi m’énervent (et bordel j’ai été mise à rude épreuve ces derniers jours avec mon bilan végé qui a été partagé par le Huffington Post, tu hallucinerais de lire ce qu’on a pu m’envoyer….) mais j’essaie (j’essaie…) de ne pas entrer dans la culpabilisation tout simplement parce que j’ai été « de l’autre côté » (ceci n’est pas une secte :D)
      Mais en toute honnêteté ta phrase de fin m’est passée par la tête un sacré paquet de fois :/

  16. Clémentine dit :

    Ton article résonne tellement en moi. Les gens qui me disent « c’est pas grave si pas je ne fais pas tel truc, ça change rien » mais bordel si ! On a tous un rôle a jouer sur cette planète. On est tous intrinsèquement lié et ça s’est même scientifiquement prouvé, nous partageons tous les mêmes atomes. Je dois être une grande utopiste aussi, mais je choisis la bienveillance sans aucune hésitation. Et chaque petit geste, chaque sourire, pensée positive est bonne. Pour soi d’abord, égoïstement mais aussi pour les autres. 🙂

    • Nadia dit :

      Oww tes mots me font plaisir !
      Je comprends que ça puisse être dur d’imaginer que ça puisse changer quelque chose mais comme tu dis « mais bordel si! »
      Et je te rejoins, chaque chose faite pour soi rebondit toujours autour de soi !

  17. Comme à chaque fois j’adore tes articles et ton utopie qui met une sacrée claque à la culpabilisation !
    Je pense vraiment que l’on a tous un chemin que l’on decide de suivre mais que tous les chemins mènent au même monde que nous créons ENSEMBLE.
    Bravo pour cet article 🙂

  18. Yael dit :

    Très bel article. Je ne partage pas au détail près toutes ses nuances, mais il est comme la voie que tu choisis : bienveillant. Partagé ! Et… quant au déni, le déni est du côté de ceux qui ne veulent pas voir l’évidence – ou n’agissent pas en fonction du constat posé, ce qui revient au même. On se rejoint une fois de plus sur le chemin que nous devons, de façon collective, tracer ensemble… et il y a du boulot, ça c’est clair !

  19. Ahaha et bien une soirée qui me redonne le sourire 😉 C’est marrant car je vois juste au-dessus le commentaire de Yael dont je viens de découvrir le site : au moins 3 utopistes croisées en moins d’une heure. Et bien moi aussi je le suis, tant pis si je passe pour la couillonne de service. Se résigner, c’est déjà mourir un peu non ? Et un geste + un geste + un geste … . Chacun à son échelle, à son rythme. Pour j’espère sortir petit à petit de l’individualisme qui a régit -et régit encore trop- notre société !

  20. Floriane dit :

    L’essentiel c’est deja de toi te sentir bien et en phase après tout changer il faudrait une conscience collective et malheureusement ce n’est pas encore pour demain mais en attendant on fait du mieux que l’on peut

  21. elodie dit :

    Article intéressant qui fait réfléchir.
    Tu as raison lorsque tu dis que tes actions ne sauveront pas le monde, mais à leur manière elles serviront à quelque chose, à toi, à tes enfants, tes parents, tes voisins.. mais elles serviront, et c’est le plus important. L’essentiel est de faire quelque chose.

  22. Marion dit :

    Très bel article, je pense qu’en effet, si chacun y mettais qu’un tout petit peu du sien, ce serait déjà un énorme changement.. On y croit 🙂

  23. Marion dit :

    Tes articles sont toujours aussi bien écrits et laissent pensif 🙂 je ne crois pas non plus en la culpabilisation. A mon sens ce n’est pas comme ça qu’on fait passer un message, parce qu’effectivement c’est trop brut. C’est tenter d’imposer quelque chose en prenant par les sentiments, et je sais que personnellement moi ça me braque aha. Et puis un petit pas sincère et volontaire en lequel on croit vaut mieux que tous les grands pas forcés du monde.

  24. JB dit :

    Perso, je me dis que « l’effet papillon » peux être aussi adapté à la bienveillance. Un acte isolé mais dans un but positif peux entraîner une prise de conscience de l’entourage direct qui va, lui aussi faire des actes positifs isolés et leur entourage direct sera touché et ainsi de suite.

    Pour moi toute acte positif à une portée et peux déclencher quelque chose et prendre de l’ampleur.

    Pour moi un simple sourire ou une petite attention sans conséquence direct peux devenir un vecteur positif très important au fil du temps.

    Ça me rappel le film « un monde meilleur »

    • Nadia dit :

      Totalement d’accord avec toi !!
      (J’avais vu ce film il y a très longtemps ! C’est ça qu’il faudrait montrer à l’école !)

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