Primal Impact

 

Je suis content de vous dévoiler une partie de ma collection et vous montrer ce qui m’inspire !

Collection / Photographie © Nicolas Sénégas

Voilà plusieurs années que je me suis mis à la recherche de masques et autres objets d’art primitifs.
Certains ont été ramenés de voyages (par moi ou des amis), d’autres offerts, certains chinés sur des brocantes. Chacun a son histoire, et s’il y a bien des choses que je ne pourrais expliquer que partiellement, c’est bien les arts premiers…

Un jour en vacances au bord de la mer, mon ami Lao Tseu  (oui le philosophe lui même, portant d’ailleurs un maillot 2 pièces qui le mettait, je dois dire pas mal en valeur ce vieux grigoux) bref, il me dit un jour, sur les arts premiers :

Tout ce que je sais c’est que, si t’essayes pas t’es bien un con…

Un poil surpris, je mis cette remarque sur le compte de sa déshydratation due à la chaleur méditerranéenne et une surconsommation de cahuètes salées à mort lors de ses apéros interminables. Je décidais malgré tout de méditer sur sa remarque bien sentie. Bref, son enseignement de plagiste averti m’a orienté vers de nouveaux horizons et d’autres références.

Plongé dans mes lectures je découvris entre autre Claude Levi-Strauss (le général De Gaulle de l’Ethnologie) qui, en parlant des arts premiers dit :

On ne peut pas, ne pas subir le choc

Ce choc pouvant être tout autant une rencontre esthétique, culturelle, que spirituelle tant la pièce est chargée”. Personnellement je ne suis pas certain de pouvoir cerner je dirais le 10ème de ce que cachent les arts premiers, mais ils me sont utiles. Utiles pour m’inspirer, ressentir et réfléchir. Je crois réellement que pour choisir une pièce dans les Arts Premiers il faut la toucher, la ressentir et la laisser parler. Si on sait écouter, elle continue son dialogue et son travail. Nous devenons un nouveau gardien, un nouvel interlocuteur.

Collection / Photographie © Nicolas Sénégas

Ce qui me fascinera toujours dans les arts premiers c’est cette universalité des échanges entre nous et “l’objet”. Nul besoin d’être originaire du pays en provenance du dit masque ou fétiche pour “entendre” ce que ces oeuvres ont à nous dire et nous apprendre. Certainement, nous ne percevrons qu’une infime partie de ce qu’elles recèlent mais le “choc” est là.
Ca ne s’explique pas, ça ne se quantifie pas.

Dans le livre “ La voie des masques”, Claude Levi-Strauss nous indique que pour comprendre un masque il est nécessaire d’avoir son masque “parent”, celui qui le complète pour cerner la totalité de l’histoire qu’ils souhaitent nous transmettre. Tant que nous n’avons pas fonctionné spirituellement et culturellement avec ces masques nous ne pouvons pas capter pleinement la force de chacun d’eux…

Tout ce que je peux dire c’est que certains sont incroyablement beaux et puissants, quelques uns me foutent mal à l’aise (ça en général on le sait vite), d’autres me jugent ou me rassurent. Ils sont tous les jours à mes côtés et ont à mes yeux autant de valeur qu’un Botticelli ou un Dali. Ils nous ramènent à notre état le plus humble car ils sont les plus beaux représentants de la cosmogonie de l’Humanité, nous reliant à la terre dont les matières premières de ses masques sont issues, se formant et naissant à travers les mains de l’artiste (sculpteur et/ou peintre), et dont la parole ne leur parvient qu’au contact des Hommes.

Ces oeuvres d’arts nous parlent depuis toujours pourquoi s’arrêteraient-elles maintenant ? 🙂 (Tout comme Lao Tseu d’ailleurs qui continue de guider nombre de personnes à travers le monde – J’en suis la preuve vivante, après 2 bières j’ai plein de citations de plagistes Taoïstes qui me viennent naturellement – oui j’ai la cuite pas chère )

Gif drunk bitches

 

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16 réponses

  1. En visite un jour dans une réserve des premières nations au Canada, en mettant de côté l’aspect folklorique exagéré mais nécessaire pour apporter des sous et survivre, tu imagines des scènes de vie, à l’époque où les icebergs n’avaient pas commencé à fondre et où les ancêtres de Nanouk ne connaissait rien du troc de saindoux avec les américains. Les habits traditionnels, les totems, une histoire riche.

    J’ai trouvé un bout de bois, par terre, rien à voir avec les masques, mais il avait quelque chose de mystique, d’habité. Plutôt que les mocassins, j’ai préféré ramener ça avec moi. Et il est devenu mon totem à moi, rempli de signification, d’histoire et de mystique.

    • Nicolas dit :

      Je crois alors (selon moi) que tu as « capté » l’essentiel. Le masque, l’habit, les parures ne sont que la « forme » le plus intéressant est à l’intérieur, et ça, a chacun de le découvrir 🙂

  2. Sacha Lopez dit :

    Un bien bel article, ça me donne envie de commencer une collection tiens…

  3. Jérôme dit :

    J’avais déjà lu ton article à la sortie du blog, j’y suis revenu pour les photos … les cranes sculptés Batak sont toujours fascinants …

    • Nicolas dit :

      On va dire que ça pose vite fait l’ambiance générale ^^, mais certains masques sont tout aussi puissants je trouves. Surtout si ils ont été portés et qu’ils ont vécus!

  4. Yael dit :

    Quel bel article… nous avons tous été les peuples premiers de quelque part (on l’est toujours de la planète, collectivement, si on y pense bien). J’ai toujours eu une fascination pour le minéral. Je me souviens souvent mieux d’un rocher que d’un groupe de personnes, quand je reviens d’un énième quelque part (après, je nuance quand même : ça dépend des rochers, et ça dépend des gens… tout de même, hein). Mais maintenant je me dis que ça vient peut-être de ce « sens caché », ce mystère, que tu soulèves : ça nous ramène à notre petitesse, à notre grandeur, à l’immensité, au peu qu’on est, au beaucoup qu’on peut, à l’immensité qu’on trimballe, sans même le savoir, à la quintessence. Ou aux bières, aussi, pour conclure. Il y a de l’art premier, aussi, parfois, dedans 🙂

    • Nicolas dit :

      Rabelais à créé le terme :  » la substantifique moelle » voila peut être ce que c’est.. enfin je ne sais pas, ou ne saurais jamais.
      Mais tu as raison cette chose est toujours en nous, autour de nous, dans nos gestes, dans nos contemplations 🙂 ça rassure je trouve!
      Merci pour ce joli commentaire!!!
      hummpffff (soupir souriant d’un retour de voyage, avec des images plein la tête )

  5. JB dit :

    T’a collection (en tout cas cette partie) est impressionnante par la diversité des forme, ornement, matière (les têtes trophées​ Batak me mettent mal à l’aise mais mnattire également et me donne envie de creuser le pourquoi). Merci Nico pour ce partage. C’est quelque chose de tellement important de nos jour. Partager. Peu importe le support.

    • Nicolas dit :

      Je suis totalement en accord avec toi! Il faut partager ce que l’on aime! C’est important. Et c’est vrai que certaines pièces mettent mal à l’aise, un jour je me suis posé la question pourquoi certaines gênent plus que d’autres et aussi pourquoi cela varie selon les personnes… ? Une amie très chère m’avait dit :  » Certaines pièces ont un vrai rôle dans leur monde (jugement, fertilité, purifier, bon, mauvais… etc…) et continuent leur vie même parmi nous… Certaines peuvent mettre particulièrement à l’aise si elles doivent apaiser mais certaines peuvent remuer d’autres choses…. » – C’est vivant!

  6. Stephanie dit :

    En fait, tu expliques exactement comment on doit collectionner, à partir de la rencontre avec l’objet et pas en écoutant ce que les sirènes du marché peuvent dire. C’est une belle experience qui a l’air de convaincre certains déjà!

    • Nicolas dit :

      Je crois que je me fais aussi avoir par les sirènes, mais parfois quand l’objet dépasse ce que l’on ressent les sirènes sont loin.. loin.. loiiiiiin.. et on ne voit plus que lui et ce qu’il dégage. C’est que l’on appelle un objet « chargé » et ça c’est unique!
      Merci pour ton gentil commentaire!

  7. patrick peire dit :

    Le statue Mbole/ Yela vient de ma collection et était vendu a Frank Bogaert Artist /collectioneur il vient de mon grand père Charles Peire

    • Nicolas dit :

      Alors là! C’est pas croyable!!! Es-tu certain que c’est celle-ci?! Je l’ai trouvé sur le marché de Clignancourt il y a 3 ans… Quelle coincidence!
      Donc ton grand père en etait le premier propriétaire, c’est dingue ça! sais- tu comment il se l’était procurée???

      • patrick peire dit :

        Oui trés sure,j ai encore des photo de chez moi. Que tu la trouve sur le marché de Clignancourt est normale parce que le dernier de l avoir en possession était Frank Bogaert qui est décedé il presque 4 ans maintenant, son fils Arjan a tout vendu a des nombreuse marchands et collectionneurs. Quand tu regarde le webside de ROB MICHIELS il y a aussi un très beau , venant du copain de mon grand père. Excuses pour mon mauvaise francais. regards patrick

        • Nicolas dit :

          Aucun problème pour le Français 😀 Je comprends tout donc c’est bon!!
          If you prefer we can speak in english if it’s more easy. I’ll be really interested to see the picture with the statue. You can be sure that this piece is in good hands. I really take care of it. When I’ve seen it in the second hand market I was fascinated by the purity of the carving lines, that’s why I’ve bought it.
          I leave you my email if you want talk with me and sending me some pics: nicolas@senegasbros.com
          That’s an amazing story!!! I love it!

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